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Job@Park N°3 – Morgan Fix : Designer

Bonjour! Nous sommes heureux de vous présenter le troisième article de notre série d’interviews « Job@Park ». Pour cette édition nous avons eu la chance d’interviewer Morgan qui a bien voulu répondre à nos questions sur son implication dans la conception de l’attraction « Piraten in Batavia » ainsi que sur son métier, alors sans en dire plus je vous laisse en apprendre plus sur lui, et sa passion des parcs à thèmes !


Pourrais-tu tout d’abord te présenter ?

Je m’appelle Morgan Fix, je suis directeur artistique dans l’industrie du divertissement thématique. J’ai eu l’occasion de travailler à Europa-Park, notamment sur la reconstruction de l’attraction « Pirates de Batavia » et Rulantica.

J’ai toujours été passionné par ce secteur du divertissement. Déjà tout petit, j’organisais des spectacles pour ma famille à l’occasion des fêtes de Noël. Durant ma jeunesse, j’ai baigné dans des ateliers théâtre, et participer à plusieurs spectacles et concerts à travers l’Alsace et l’Europe.

Puis en grandissant, j’ai fais le lien entre cet engouement pour le divertissement et ma passion pour les parcs de loisirs. Le point commun entre tout ça, c’est de transmettre des émotions au public, les éloigner du quotidien. Par conséquent, j’ai eu l’objectif de participer, moi aussi, à la conception de ces endroits magiques et dépaysants !

J’ai commencé à travailler à Europa-Park en tant qu’étudiant durant mes vacances et week-end. Ça m’a permis de comprendre comment ça fonctionne et accessoirement, d’améliorer mon niveau d’allemand. Ensuite, je suis parti travailler en région parisienne pour une entreprise de thématisation avant de revenir en Alsace où j’étais chef de projet. Et c’est grâce à cette expérience que j’ai pu rentrer chez Europa-Park.

Avant de parler du sujet qui nous intrigue tous, peux-tu nous retracer ton parcours d’étude et professionnel ?

Depuis que je travaille dans ce secteur, beaucoup de jeunes me contacte pour comprendre quel parcours il faut faire.

Du coup, j’ai fait une formation en alternance en commençant par un Bac Pro. Technicien du Bâtiment : Études et Économies qui m’a permis d’avoir les notions en architecture et d’estimation des coûts ; suivi d’un BTS en Aménagement de l’Environnement Architectural puis un Licence en Urbanisme. Pour moi, si je voulais exercer ce métier, je me devais d’être polyvalent.

Grâce à ce parcours scolaire et l’expérience acquise en apprentissage, j’ai décroché mon premier job en tant que Designer pour une entreprise de thermalisation qui travaille sur des projets partout en Europe. J’ai ainsi participé à des chantiers tels que la construction de l’hôtel la Citadelle du Puy du Fou, de l’aquarium Aquatis à Lausanne, et de la grotte de Lascaux.

Je pense qu’il n’y a pas de parcours type pour faire ce métier. Le plus important c’est d’être curieux, polyvalent et passionné !

Quel était votre rôle à Europa-Park / dans la reconstruction de « Piraten in Batavia » ?

Lorsque j’ai été recruté par Europa-Park, j’ai démarré en tant qu’architecte junior sur le projet de Rulantica. J’étais l’interface entre le directeur artistique, les ingénieurs et les chefs de projets. Il s’agissait de proposer des solutions techniques respectant le cahier des charges artistiques tout en respectant l’enveloppe financière allouée au projet. Puis, quelques mois à peine après mes débuts à Europa-Park, j’ai été désigné Designer sur le projet de Pirates de Batavia.

Sur le projet des pirates, j’ai collaboré avec le directeur créatif et une partie de l’équipe créative de Mack Solutions pour développer la storyline, l’aménagement des scènes, esquisser les principes d’éléments techniques comme les structures et la ventilation, puis développer le design de l’attraction, des façades extérieures à l’attraction elle-même, en passant par le restaurant Bamboe Baai.

Quelle est votre scène coup de cœur, et celle qui a été la plus intéressante à designer ?

Chaque scène était intéressante à développer, car chacune d’entre elles a sa particularité et est complètement différente. L’architecture n’est pas la même d’une scène à une autre. Et c’est cette richesse thématique qui assure aussi le dépaysement, à condition de veiller aux transitions.
Mais le plus intéressant, ce sont les détails, surtout au moment de l’exécution. C’est veiller à apporter un maximum de réalisme pour que cette aventure de pirates paraisse crédible pour toute la famille. Cela passe par le choix des matériaux et des couleurs, mais aussi par des recherches approfondies. Il ne s’agit pas de réinventer ce qui existe, il faut tout simplement s’inspirer de ce qui existe.

– Est-ce que l’attraction est terminée à 100% ou manque-t-il encore quelques détails ?

J’ai quitté Europa-Park et l’Europe en juillet dernier, où bien sur, il restait de nombreux détails à finaliser. J’ai eu écho que depuis, certains ajustements ont fait leur apparition. Mais vous savez, l’histoire d’Europa-Park nous l’a montré, chaque année de nouvelles surprises font leur apparition. Donc, l’attraction ne sera jamais terminée tant qu’il restera des esprits créatifs.

Combien de temps a duré la conception de l’attraction ?

La conception a démarré en juin 2018, juste après l’incendie. Puis, en novembre 2019, nous avions finalisé le « design développement » dans les moindres détails. Mais comme vous avez pu le suivre, nous avions débuté bien plus tôt la construction du bâtiment. C’était un épuisant travail de coordination avec les architectes, pour être certain d’intégrer chaque modification sur le chantier dans notre conception.

Quelle a été votre implication dans le projet ?

Je me suis impliqué sur ce projet dès le début, de la conception à la réalisation, jusqu’à l’inauguration.
J’ai un gros défaut. Lorsque j’aime quelque chose, je m’y engage pleinement, et je suis très exigeant. Alors, les dernières semaines, j’y ai même donné de ma personne pour positionner les animatronics, placer les plantes artificielles, et même cacher certaines lampes. Durant mes vacances de Noël, je suis même parti faire un road trip en Hollande pour m’inspirer encore d’avantage. Vous savez, quelqu’un a dit un jour qu’il faut trouver un métier qui nous passionne pour ne plus avoir à travailler un seul jour du reste de notre vie. Et honnêtement, ça suffit pour résumer mon implication sur ce projet !

L’attraction présente un nouveau prototype de chez Mack Rides le « Rocking Boat », quels ont été les enjeux de cette installation ? Est-ce pour tester ce nouveau type d’attraction ?

Le challenge de cette installation fut l’intégration. Nous souhaitions ouvrir le village sur pilotis vers la jungle pour donner de la profondeur à la scène, donc la position était toute trouvée. C’est une super idée finalement, car ça ajoute un peu de dynamisme dans cette scène avec un joli gag. Mack rides avait déjà un prototype à Waldkirch, que les potentiels clients pouvaient tester, mais maintenant il a sa place en conditions réelles.

Combien de temps vous faut-il pour réaliser un concept art et développer une storyline complète ?

Pour la conception d’un concept art, tout dépend du niveau de détails et de l’expérience du designer. Chacun a sa manière de travailler. D’abord, je commence par un rapide croquis en noir et blanc, qui va définir la composition, l’angle de vue et les principaux éléments. Une fois valider, et si cela est nécessaire, on peut passer à la couleur et ajouter les détails. Il faudra alors quelques jours pour finaliser le tout.

Pouvez-vous nous révéler quelques anecdotes/secrets sur le projet et l’attraction « Pirates de Batavia » ?

Cette aventure regorge de secrets, qui sont sûrement bien gardés au fond des coffres de pirates abandonnés dans Batavia, même si certains ont déjà été dévoilés dans les Making-off… Savez-vous que certains éléments de décors proviennent d’un ancien restaurant suisse qui avait pour thème les pirates, et qui a lui aussi… survécu à un incendie !
Il y a tellement de détails et de surprises cachées dans l’attraction. Si vous ouvrez l’œil, dans la file d’attente, chaque designer à réaliser un (ou plusieurs) avis de recherche d’un des protagonistes et caricaturer en fonction du pays ou la région d’où l’on vient. C’était une petite blague facile à ajouter à la file d’attente qui devait aussi nous aider à faire comprendre l’histoire.

Quels ont été les principaux défis de la reconstruction de l’attraction ?

Il y a de nombreux défis sur ce projet.
D’abord, il y a le challenge émotionnel. Cette attraction faisait partie de l’histoire du parc, Roland Mack l’avait imaginé avec son père et Ulrich Damrau. C’était forcément un sujet sensible. Puis, comme la plupart des visiteurs sont de fidèles visiteurs, il fallait aussi ne pas trop se détacher de la version originale tant appréciée.
Mais, il y avait aussi le challenge technique. Il y a bien sur les matériaux et normes incendie, mais surtout, nous sommes en 2020, ou la technologie joue un rôle important dans de nombreux parcs. Il fallait répondre présent sur cet aspect technique aussi, et heureusement nous avons eu la chance de travailler avec Garner Holt qui a fourni des animatronics de très bonne qualité.

Je pense qu’on a réussi à combiner équitablement tradition et modernité sur cette attraction, et c’est ce qui fait le charme de Pirates de Batavia.

Ce gros projet étant maintenant terminé, que faites-vous désormais ?

Comme je l’évoquai plus tôt, j’ai quitté Europa-Park en juillet dernier, et je me suis envolé pour Dubai où je suis aujourd’hui directeur artistique sur le nouveau parc « Sea World » actuellement en construction à Abu Dhabi. J’arrivais à un moment de ma carrière où je souhaitais un nouveau challenge et apprendre encore d’avantage de cette industrie qui me passionne énormément. J’ai eu la chance d’avoir plusieurs opportunités à la fin des pirates, et j’avoue qu’avec les polémiques au sujet de « Sea World » j’ai longtemps hésité. Mais j’ai été rassuré par le virage qu’ils ont décidé de prendre sur ce projet, mais également sur le concept qui m’a séduit.  

Quels sont vos projets, vos ambitions pour les années à venir dans votre carrière professionnelle ?

Honnêtement, durant mon adolescence, je me suis trouvé cette passion pour les parcs de loisirs et je me suis mis en tête qu’un jour je travaillerai pour Europa-Park. Mais les choses évoluent, les ambitions ne sont plus les mêmes. La vie nous réserve de belles surprises et opportunités, et je pense que rien n’arrive par hasard. Il faut savoir prendre des risques et les saisir. Aujourd’hui, j’ai la chance de faire le plus beau métier du monde, qui combine à la fois création et exécution. Tout ce que je souhaite à l’avenir, c’est réussir à trouver un meilleur équilibre avec ma vie personnelle, et j’espère conserver mon âme d’enfant pour continuer d’imaginer et concevoir de beaux projets pour transporter de nombreux.


Merci beaucoup à Morgan d’avoir pris le temps de répondre à nos questions et d’avoir partagé son quotidien et sa passion pour son métier!

À la prochaine pour une nouvelle interview de Job@Park!

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